Médiation Animale
ou Équithérapie

Bienfaits

Il a été prouvé scientifiquement que les interactions avec les animaux représentent de nombreux bienfaits notamment dans des études outre Atlantique. En particulier dans le cas de pathologie physique ou mentale, le contact que l’on peut entretenir avec l’animal est un réel générateur de bien-être et permet le plus souvent d’observer des progrès notables.

 

Les premiers des bienfaits que nous pourrions évoquer sont de l’ordre psychologiques. Pour travailler sur l’estime de soi, le schéma corporel, les troubles du comportement ou de la mémoire, la présence d’un chien, d’un cheval est un réel outil de détente et d’intérêt pour le bénéficiaire. L’animal devient moteur, il donne l’élan nécessaire pour briser un peu les carapaces. Parfois le simple fait de sortir de sa zone de confort en donnant une responsabilité, un objectif, peut nous saisir et nous arracher à notre léthargie en nous redonnant goût aux choses simples : affection, jeu, contemplation, légèreté, rire...

 

L’affect justement est un élément que l’on travaille facilement en médiation puisque l’animal est source de plaisir, notamment grâce à la sensation agréable de le caresser, d’autant plus si son pelage est doux.

 

La verbalisation qui nous vient spontanément avec l’animal est en partie dû à son absence de jugement. Il nous accepte tel que l’on est, sans appréhension ni faux-semblant. Il nous permet de nous affranchir du regard d’autrui, souvent obstacle à un lâcher prise.

D’un point de vu physique, la médiation animale permet déjà d’apaiser et de ralentir la respiration et de fait, le rythme cardiaque. En effet, notre comportement change lorsque nous sommes en présence d’un animal car nous ne souhaitons généralement pas lui faire peur, ou bien nous sommes, au contraire, impressionné par lui. Cela fait de ce contact un moteur, une motivation pour travailler la motricité générale et fine, les repères spatio-temporels, l’équilibre… La confiance en soi également car le bénéficiaire doit parfois dépasser ses peurs et ses appréhensions pour participer à l’atelier prévu. Apprendre un exercice à l’animal ou simplement passer l’obstacle en autonomie permet à chacun d’accéder à un sentiment de réussite et d’accomplissement souvent salvateur chez un public en perte d’indépendance et d’autonomie.

 

La difficulté des exercices de motricité générale et de motricité fine doit être progressive et adaptée à la pathologie de chacun. Bien souvent, le bénéficiaire ne se rend même pas compte qu’il est entrain de mobiliser telle ou telle partie de son corps, allant jusqu’à oublier les douleurs qui y sont associées.

Mobiliser plusieurs parties du cerveau permet de travailler avec des personnes ayant des difficultés dans les fonctions exécutives. Un enchainement de plusieurs obstacles variés, demander de raconter un souvenir (langage + mémoire + sentiment) en lien avec l’atelier proposer… Autant d’outils qui permettent une gymnastique du corps et de l’esprit de la plus douce des façons : auprès d’un animal.

Par ailleurs, l’animal étant un miroir, il nous permet de prendre conscience de notre propre anatomie et comment elle fonctionne. Ce regard sur nous-mêmes nous invite parfois à faire le point et à prendre du recul sur nos vies, nos souffrances et nos bonheurs.

De plus, les bienfaits vis-à-vis du relationnel sont indéniables. Qu’ils s’agissent des contacts entre résident et soignant, ou bien des résidents entre eux, l’animal se veut simplement et logiquement conciliateur. Un lien qui permet une ouverture à autrui par le biais d’ateliers en commun avec le

développement d’un esprit d’équipe. Souvent sous forme de jeux, les résidents ne réalisent pas forcément qu’ils ont communiqué, d’abord avec l’animal, puis avec l’intervenant ou les autres résidents. Sur des pathologies liées à la dépression et l’apathie, les progrès sont généralement flagrants.

 

Objectifs

En médiation animale, on fixe des objectifs en fonction d'une problématique propre à chaque bénéficiaire, mais il existe également des objectifs généraux qu'il faut savoir mettre en avant lors d'entretien de présentation de votre activité :

 

  • Apporter un nouvel outil de bien-être aux structures d’accueil locales : ESAT, ITEP, EHPAD, centre d’accueil pour enfants en surpoids, foyer d'accueil…

  • Améliorer les conditions de vie d’un public relativement autonome et varié

  • Créer du lien social autour du Cheval et plus globalement de notre rapport à l’animal, à la nature

  • Valoriser le Cheval Miniature en démontrant sa très grande sensibilité et son désir de contact

  • Proposer et défendre d’autres méthodes de soins pour limiter la médicamentation

  • Maintenir une activité physique et sociale pour tout type de public

Fonctionnement et mise en place d'un projet

Nous allons décrire ici de façon très concrète un projet de médiation animale avec des chevaux miniatures ; le mien. Cela vous donnera peut-être quelques clés pour monter le vôtre :

 

"Étant pluriactive et n’ayant pas prévu de changer ce rythme de vie essentiel pour garder les pieds sur terre et la tête froide , j'organise mes séances de médiation les après-midis et le week-end. Je ne souhaite pas, a priori, développer plus la médiation que l’élevage car j’attache beaucoup d’importance à ma sélection et mon programme d’élevage (monté et réfléchi depuis de nombreuses années), je vois cette activité comme un outil supplémentaire pour valoriser le Cheval Miniature Américain et apporter, à mon échelle, un peu de bien-être.

Je cible des publics qui se déplacent majoritairement à l’élevage pour pouvoir utiliser le matériel à ma disposition (carrière, écurie, matériel d’obstacle). Du fait de leur taille et de leur capacité à s’adapter à toutes situations, nous pouvons avoir tendance à les traiter comme des animaux de compagnie, à l’instar des chiens et des chats… mais leurs besoins sont ceux des chevaux ! En tant qu’éleveuse, je consacre beaucoup de temps à la sensibilisation des besoins de cette race, je ne souhaite donc pas rentrer à l’intérieur des structures avec mes chevaux bien qu’ils en soient capables.

 

Toutefois, je me déplace dans des structures ayant un espace extérieur suffisant à mes ateliers. Cela implique d’être dépendant de la météo et d’avoir une variété d’activité moins large puisqu’il est difficile de déplacer l’ensemble de mon matériel de carrière (barres, bâches, plots…).

 

Je travaille en équipe avec plusieurs soignants et éducateurs. C’est un élément fondamental selon moi pour avoir une cohérence dans le soin proposé et ainsi monter un programme avec des objectifs adaptés à chaque bénéficiaires.

Par  ailleurs, tout cheval miniature correctement éduqué est un potentiel médiateur. Afin de valoriser cette particularité, j'utilise chacun de mes chevaux d’élevage et j’adapte mon choix aux pathologies et caractères de chaque résident. Ce système me donne beaucoup de flexibilité car il me permet de jouer sur le niveau d’éducation de mes chevaux : un jeune cheval peut être très intéressant pour permettre aux résidents de lui apprendre des choses. A contrario, un étalon bien éduqué mais nécessitant plus de capacités motrices pourra être un challenge réussi sur des pathologies comme l’hyperactivité chez l’adolescent ou le jeune adulte."