Saillies

Éleveur ou amateur, vous avez acheté votre premier cheval miniature, lui avez trouvé un/une fiancé(e) et vous rêvez d'un premier poulain. 


Certaines données sont à prendre en compte avant de vous lancer dans l'aventure.

 

Choix de l'étalon

Choisir un étalon c'est tout d'abord réfléchir à ce qu'on attend de cette saillie, vouloir un poulain pour le plaisir est une chose, vouloir un poulain afin de faire un élevage et donc être impliqué dans l'amélioration d'une race en est une autre. 

L'étalon doit être adapté à la taille et à la morphologie de votre jument. Il ne doit pas être plus grand qu'elle et si la jument est fine il est indispensable de choisir un étalon fin et qui produit des poulains fins (un étalon peut avoir dans sa génétique des chevaux osseux, un regard sur les poulains et les ascendants est indispensable)

Dans le cadre d'une production pour l'élevage, l'étalon doit être choisi afin d'améliorer les qualités apportées par la jument mais également de corriger ses défauts. Par exemple, il est judicieux de marier une jument qui manque d'encolure avec un étalon qui apporte de la longueur et une bonne orientation, ou de marier une jument qui a une jolie tête avec un étalon qui aura lui aussi le type de tête que vous recherchez. Il est important de savoir que le poulain va recevoir l'une ou l'autre des caractéristiques des parents : encolure courte + encolure longue = soit l'un soit l'autre pour le poulain, le fait de marier les deux types ne vous donnera pas un juste milieu.

Refaire le même mariage régulièrement pourra par contre vous permettre de voir ce que transmet votre jument et ce que transmet le mâle, pour envisager de poursuivre ou d'orienter différemment cette production.

 

Choix de la jument

Faire pouliner une jument c'est prendre un risque pour sa vie, comme pour un humain la gestation ou le poulinage peuvent ne pas se dérouler comme prévus. Il faut en avoir conscience et assumer cette responsabilité, aussi bien financièrement que d'un point de vue connaissances. Il est impératif de vous documenter et de vous équiper en conséquence afin de minimiser les risques pendant la gestation et le poulinage. Dans le cheval miniature ces risques sont augmentés puisque les poulains naissent proportionnellement très grands par rapport à la jument. On considère que le poids et la taille d'un poulain nouveau-né de grande race correspondent à 7-8% de ceux de la mère, chez le cheval miniature, nous sommes à près de 15%.

Il est déconseillé de mettre une jument à la saillie avant ses 3 ans. Les développements osseux, musculaires et internes ne sont pas terminés, une jument en cours de croissance ne doit pas être mise à la saillie. 


Une jument de 3 ans peut aussi ne pas prête, il faut savoir les écouter et vous assurer qu'elle est apte à être mise à la reproduction, par le biais d'une séance d'ostéopathie préliminaire à une mise à la reproduction par exemple. Une jument qui est encore bébé, dans sa tête et dans son corps et dont le bassin est encore trop étroit n'est pas prête à donner la vie en toute sécurité. N'hésitez pas à attendre une année de plus et gardez à l'esprit que prendre son temps, en matière de reproduction, n'est jamais une perte de temps, cela peut éviter des séquelles irréversibles.


Comme évoqué plus haut, le choix de l'étalon est important, il doit être cohérent par rapport à la morphologie de votre jument afin de faciliter le poulinage et permettre la naissance d'un poulain qui ne sera ni trop grand ni trop osseux.

 

Choix de la génétique

Bien connaitre la génétique des futurs parents est une donnée essentielle lorsque l'on souhaite reproduire de façon sérieuse.

Il a été reconnu que la consanguinité fixe les tares et les défauts. De fait, il est conseillé de choisir deux reproducteurs qui sont éloignés au niveau de leurs ascendants sur plusieurs générations. En fonction des papiers de votre cheval miniature le pedigree peut être retrouvé sur l'IFCE, le studbook de race, et sur le site www.allbreedpedigree.com (si les données n'ont pas été enregistrées, vous pouvez l'alimenter vous même).

Certains gènes de couleur de robe ou de marquage sont à l'origine de problèmes de santé voire de létalité précoce pour le poulain : Silver, LWO, LP, Roan, SW3...

  • Consultez la partie Couleur du site pour en savoir plus


Afin d'éviter de produire des chevaux atteint de Nanisme (ACAN D1 à D4 et Skeletal Atavism), il est indispensable de faire tester ses reproducteurs. Ces tests ont un coût certain mais peuvent être réalisés progressivement et la production peut être garantie indemne par filiation si aucun des parents ne sont porteurs.

  • Consultez la partie Nanisme du site pour en savoir plus

 

 

Choix de la saillie 

Le choix du type de saillie est à adapter à votre gestion de troupeau, vos installations et la situation (selon si vous êtes propriétaire de l'étalon et de la jument ou non par exemple).

  • En main : la jument est tenue ou attachée à l'intérieur d'un banc de monte, l'étalon est amené en longe à proximité de la jument pour vérifier son accord. La majorité des juments indiquent si elles souhaitent être saillie (queue levée, jambes écartées, écoulement d'urine) ou si elle n'est pas encore prête (jument qui se tourne, couche les oreilles, rue). Si la jument accepte l'étalon, le meneur va laisser se dérouler la saillie jusqu'au bout.

 

  • En liberté : les chevaux sont mis ensemble, avec période de présentation dans des parcs séparés ou non, et la saillie se fera au moment propice. Un bon étalon ne saillera la jument que si les signes d'acceptation sont présents. Bien que plus naturelle et reconnue pour avoir un meilleur taux de fécondité, cette technique présente deux inconvénients ; compliqué à mettre en place avec un étalon agressif/insistant (à moins de le rééduquer complètement et encore faut-il en être propriétaire), oblige à un suivi précis pour noter les dates de saillie/refus afin d'estimer le terme de la gestation.


Ces deux techniques sont utilisées chez le cheval miniature en fonction du caractère des chevaux et des installations de l'éleveur. La saillie en main est en général moins fertile que la saillie naturelle. Les deux techniques peuvent être couplées de façon à vérifier les dates de saillies et de s'assurer un meilleur taux de fécondité. 


La saillie par insémination artificielle n'est pas utilisée chez le cheval miniature, sa taille rendant la manipulation difficile et infructueuse.

 


Période de saillie
La jument n'accepte l'étalon que sur sa période de chaleurs. Ces dernières durent en moyenne 7 jours, et se déclenchent tous les 21 jours. On peut donc supposer qu'une fécondation est réussie si la jument ne revient pas en chaleurs dans les 2 à 3 semaines qui suivent le refus.

Les chaleurs se déclenchent principalement du printemps jusqu'à l'automne, mais les dérèglements climatiques et le réchauffement généralisé de notre planète peuvent perturber les cycles des juments. Il n'est plus rare aujourd'hui de voir une jument être non seulement en chaleurs en plein l'hiver, mais également accepter l'étalon et être fécondée.


Certaines juments se laissent saillir sur toute la période de chaleurs, d'autres refusent l'étalon dès fécondation et cela peut arriver dès la première saillie. La date de refus de la saillie est prise en compte pour déterminée le terme de la gestation.

 

Il est bon de rappeler également que certaines juments continuent d'accepter l'étalon y compris pendant la gestation.

 

Saillie extérieure
Enfin, si vous décidez de faire une saillie extérieure, le prix de la saillie, de la pension, les conditions d'accueil et de monte seront à définir au préalable avec l'étalonnier.


Le coût varie d'un étalon à l'autre sans règles spécifiques avec une fourchette allant de 150 à 2 500 €. Toutefois un étalon entièrement testé génétiquement (Couleur + Nanisme), avec un pedigree recherché et des reconnaissances en concours, sera logiquement à un prix plus élevé qu'un étalon sans papier  ni tests.

De nombreux éleveurs/propriétaires exigent des tests préalables à l'arrivée de la jument, vous pouvez également les réaliser lors de l'achat d'un nouvel étalon ou d'une nouvelle jument, ou en cas de détection d'un cas dans votre structure :

- Le test de Coggins et le test Elisa pour l’anémie infectieuse équine (Catégorie 1): cette pathoglie se transmet par le sang, notamment via les piqures d'insectes ou l'utilisation du matériel sanitaire (aiguille, seringue, transfusion,...), plus rarement d'un cheval à un autre. Il n'y a pas de traitement existant à ce jour, c'est une maladie mortelle. La maladie est présente en France, elle ne présente que quelques cas chaque années (2017 : 1 - 2018 : 7 - 2019 : 11, données IFCE). Des symptômes plus ou moins importants sont présent lors de la contamination, attention, certains cas peuvent être asymptomatiques. 

- La séro-neutralisation et le test Elisa pour l’artérite virale (Catégorie 1) : cette pathologie se retransmet soit par inhalation d’aérosols contenant le virus principalement lors du contact avec un autre cheval en phase clinique au moment du jetage, mais également dans des cas plus rares : larmes, urines, sperme, soit lors de la saillie par un étalon contaminé. Il n'existe pas de traitement à ce jour. La maladie est présente en France, une épidémie importante a été détectée en 2007 en Normandie, qui a été contenue. Depuis 2018, elle a provoqué 4 avortements, et 8 étalons ont été reconnus porteurs (données IFCE).

- Les tests par prélèvement et mise en culture pour La métrite contagieuse (Catégorie 2) : test le plus souvent demandé, la maladie est présente en France mais avec de moins en moins de cas détectés chaque année. C'est une maladie bégnine et facile à soigner. La contamination se fait par contact avec l'appareil génital de l'étalon ou de la jument : dans le cadre de la saillie ou dans le cadre de la manipulation par l'homme (insémination artificielle). Cette pathologie entraine une chute de la fertilité pour l'étalon, et la jument peut rester vide sur plusieurs cycles de chaleur. Ce qui peut avoir un coût/baisse de revenu pour l'élevage, mais ne met pas en danger le cheval.

L'Etat impose un contrôle au niveau des maladies de catégorie 1 pour les inséminations artificielles et pour les reproducteurs de certaines races en monte naturelle.

Concernant les maladies de catégorie 2, ce sont les studbook qui fixent les conditions sanitaires de saillie.

L'ensemble des races de chevaux miniatures n'est pas soumis à ces contrôles, le choix est libre pour l'éleveur/le propriétaire.

Il est à noter que les éleveurs accueillant les juments à la saillie demande presque systématiquement un test de métrite datant de moins de 3 mois, alors que cette maladie est la plus facilement soignable et n'entraine pas le décès des chevaux atteints, contrairement à l'anémie infectieuse ou l'artérite virale.